La varice vulvaire est une dilatation anormale des veines situées au niveau de la vulve, touchant environ 10 % des femmes enceintes et un nombre significatif de femmes en dehors de la grossesse. Souvent méconnue et entourée de tabou, cette affection provoque inconfort, douleurs et inquiétude, notamment lorsqu’elle apparaît pour la première fois pendant une grossesse. Pourtant, la varice vulvaire est dans la grande majorité des cas bénigne et se traite efficacement. Ce guide complet vous aide à la reconnaître, comprendre ses causes et découvrir toutes les solutions disponibles pour la soulager.
Qu’est-ce qu’une varice vulvaire ?
Ai-je une varice vulvaire ?
Évaluez vos symptômes pour savoir si une consultation est recommandée
1. Ressentez-vous une sensation de lourdeur ou de pesanteur au niveau de la vulve ?
2. Observez-vous un gonflement bleuté ou violacé au niveau des lèvres vulvaires ?
3. Les symptômes s'aggravent-ils en position debout prolongée ou en fin de journée ?
4. Êtes-vous actuellement enceinte ou avez-vous accouché récemment ?
5. Ressentez-vous une douleur soudaine et intense, ou un durcissement localisé ?
6. Avez-vous des antécédents de varices (jambes, famille) ?
Une varice vulvaire est une veine dilatée et tortueuse qui se forme au niveau des grandes lèvres, des petites lèvres ou du périnée. Elle résulte du même mécanisme que les varices des jambes : les valvules veineuses, qui empêchent normalement le sang de refluer vers le bas, deviennent défaillantes. Le sang stagne alors dans les veines pelviennes et vulvaires, qui se dilatent sous la pression.
Contrairement aux varices des jambes, les varices vulvaires sont souvent invisibles de l’extérieur en position debout. Elles peuvent ressembler à des cordons bleutés ou violacés, gonflés et mous au toucher, visibles surtout en position debout prolongée ou en écartant les lèvres. Certaines femmes ne les voient pas du tout et les découvrent uniquement à la palpation ou lors d’un examen gynécologique. La varice vulvaire peut être unilatérale (un seul côté) ou bilatérale, et son volume varie d’à peine perceptible à très proéminent.
Comment reconnaître une varice vulvaire : les symptômes
Les symptômes d’une varice vulvaire varient considérablement d’une femme à l’autre. Certaines ne ressentent aucune gêne, tandis que d’autres souffrent d’un inconfort quotidien significatif.
Le signe le plus fréquent est une sensation de pesanteur ou de lourdeur au niveau de la vulve, qui s’accentue en fin de journée, après une station debout prolongée ou un effort physique. Cette pesanteur s’accompagne souvent de douleurs sourdes ou de tiraillements dans la zone vulvaire et périnéale, parfois irradiant vers l’intérieur des cuisses ou le bas du dos.
D’autres symptômes courants incluent un gonflement visible ou palpable d’une ou des deux grandes lèvres, une sensation de pulsation ou de battement dans la zone vulvaire, des démangeaisons localisées, une gêne ou une douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie), et une aggravation des symptômes en position assise prolongée. En fin de grossesse, la pression du bébé sur les veines pelviennes peut intensifier considérablement tous ces symptômes.
Quelles sont les causes d’une varice vulvaire ?
Plusieurs facteurs, souvent combinés, expliquent l’apparition d’une varice vulvaire.
La grossesse
C’est la cause la plus fréquente. Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente de 40 à 50 % pour alimenter le placenta et le fœtus. Cette surcharge sanguine exerce une pression considérable sur les veines pelviennes. Parallèlement, la progestérone, dont le taux explose pendant la grossesse, provoque un relâchement des parois veineuses qui favorise leur dilatation. Enfin, l’utérus en expansion comprime progressivement la veine cave inférieure, gênant le retour veineux des membres inférieurs et du pelvis. Les varices vulvaires apparaissent le plus souvent au deuxième ou troisième trimestre et sont plus fréquentes lors des grossesses multiples (jumeaux, triplés).
L’insuffisance veineuse pelvienne chronique
En dehors de la grossesse, les varices vulvaires peuvent être le signe d’un syndrome de congestion pelvienne (SCP). Ce syndrome, souvent sous-diagnostiqué, est causé par des varices des veines ovariennes ou iliaques internes qui provoquent un reflux sanguin vers la vulve. Il touche principalement les femmes en âge de procréer et peut causer des douleurs pelviennes chroniques, une dyspareunie et une sensation de pesanteur permanente.
L’hérédité et les facteurs de risque
L’insuffisance veineuse a une composante génétique importante : si votre mère ou votre grand-mère souffrait de varices (jambes ou vulvaires), votre risque est plus élevé. D’autres facteurs augmentent la probabilité d’apparition : les grossesses multiples (chaque grossesse fragilise davantage les veines), l’obésité ou le surpoids (qui augmente la pression abdominale), la sédentarité, la station debout prolongée (certains métiers comme vendeuse, coiffeuse, infirmière), et l’âge (les parois veineuses perdent leur élasticité avec le temps).
Comment diagnostiquer une varice vulvaire ?
Le diagnostic d’une varice vulvaire repose d’abord sur un examen clinique par un médecin ou un gynécologue. L’examen est réalisé en position debout (les varices s’affaissent en position allongée) et permet de visualiser et palper les veines dilatées.
Pour confirmer le diagnostic et évaluer l’étendue du problème, le médecin peut prescrire un écho-doppler veineux pelvien. Cet examen indolore utilise les ultrasons pour visualiser le flux sanguin dans les veines pelviennes et détecter d’éventuels reflux. Dans les cas complexes ou en cas de suspicion de syndrome de congestion pelvienne, une IRM pelvienne ou un phléboscanner peut être demandé pour cartographier précisément le réseau veineux et identifier les veines responsables du reflux.
Il est important de consulter si vous suspectez une varice vulvaire, même si les symptômes sont légers. Le diagnostic différentiel permet d’écarter d’autres pathologies (kyste de Bartholin, lipome, hernie inguinale) et d’adapter le traitement à votre situation.
Traitements de la varice vulvaire
Plusieurs options thérapeutiques existent pour traiter une varice vulvaire, des mesures simples aux interventions médicales spécialisées.
Mesures hygiéno-diététiques et compression
En première intention, les médecins recommandent des mesures simples mais efficaces : éviter la station debout prolongée, surélever les jambes et le bassin au repos, appliquer des compresses froides ou des poches de gel sur la vulve pour soulager la douleur et réduire le gonflement, porter des vêtements amples et non compressifs au niveau du bassin. La contention veineuse spécifique (collants de compression classe 2, ceinture de soutien pelvien) aide à améliorer le retour veineux et à diminuer la sensation de pesanteur. Pendant la grossesse, dormir sur le côté gauche diminue la compression de la veine cave par l’utérus.
Traitements médicamenteux
Les veinotoniques (diosmine, hespéridine, flavonoïdes) peuvent être prescrits pour renforcer la paroi veineuse et diminuer l’inflammation. Leur efficacité est modérée mais ils apportent un soulagement chez de nombreuses patientes. Des crèmes ou gels à base de vitamine K, d’hamamélis ou de marron d’Inde peuvent être appliqués localement pour atténuer l’inconfort. En cas de démangeaisons, une crème apaisante adaptée à la zone vulvaire (sans parfum ni alcool) est recommandée.
Sclérothérapie
La sclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant directement dans la veine dilatée pour provoquer sa fermeture. Réalisée sous guidage échographique ou fluoroscopique, cette technique mini-invasive est pratiquée en ambulatoire. Elle est particulièrement indiquée pour les varices vulvaires persistantes après la grossesse ou liées au syndrome de congestion pelvienne. Les résultats sont généralement bons avec un taux de récidive faible.
Embolisation des veines pelviennes
Lorsque les varices vulvaires sont alimentées par un reflux des veines ovariennes ou iliaques (syndrome de congestion pelvienne), l’embolisation est le traitement de référence. Un radiologue interventionnel insère un cathéter dans la veine fémorale, remonte jusqu’aux veines responsables du reflux et y dépose des coils (micro-spirales) ou un agent sclérosant pour les boucher définitivement. L’intervention dure environ 1 heure, se fait sous anesthésie locale et permet une reprise d’activité en 24 à 48 heures. Le taux de succès dépasse 85 %.
Chirurgie
La chirurgie (phlébectomie vulvaire) est rarement nécessaire et réservée aux cas réfractaires aux autres traitements. Elle consiste à retirer chirurgicalement les veines dilatées sous anesthésie locale ou générale. Cette option est considérée en dernier recours, les techniques mini-invasives (sclérothérapie, embolisation) étant aujourd’hui privilégiées.
Varice vulvaire et grossesse : ce qu’il faut savoir
La question qui préoccupe le plus les femmes enceintes souffrant de varices vulvaires est celle de l’accouchement. Rassurons d’emblée : dans la très grande majorité des cas, un accouchement par voie basse est tout à fait possible et sans danger. La varice vulvaire n’est pas une indication systématique de césarienne. Les obstétriciens adaptent simplement la prise en charge pendant le travail pour minimiser les risques de saignement.
La bonne nouvelle est que les varices vulvaires liées à la grossesse régressent spontanément dans les semaines suivant l’accouchement chez 70 à 80 % des femmes. La chute des hormones de grossesse et la diminution du volume sanguin permettent aux veines de retrouver progressivement leur calibre normal. Si les varices persistent 3 à 6 mois après l’accouchement, un bilan veineux pelvien est recommandé pour rechercher un éventuel syndrome de congestion pelvienne nécessitant un traitement spécifique.
Pendant la grossesse, la complication la plus redoutée (mais rare) est la thrombose de la varice vulvaire : la formation d’un caillot sanguin dans la veine dilatée. Elle se manifeste par une douleur soudaine et intense, un gonflement et un durcissement de la varice, parfois une rougeur locale. En cas de suspicion de thrombose, consultez en urgence : le traitement (anti-inflammatoires, anticoagulants) est simple mais doit être mis en place rapidement.
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Prévention : comment limiter le risque de varice vulvaire
Si vous présentez des facteurs de risque (antécédents familiaux, grossesse, sédentarité), plusieurs mesures préventives peuvent réduire la probabilité d’apparition ou l’aggravation d’une varice vulvaire. Pratiquez une activité physique régulière qui favorise le retour veineux : marche, natation, yoga prénatal, vélo d’appartement. Évitez la station debout ou assise immobile pendant plus de 30 minutes sans pause. Surélevez légèrement les pieds du lit (10-15 cm) pour favoriser le drainage veineux nocturne. Maintenez un poids de forme pour limiter la pression sur les veines pelviennes. Hydratez-vous suffisamment (1,5 à 2 litres d’eau par jour) et adoptez une alimentation riche en fibres pour éviter la constipation, qui aggrave la pression abdominale. Pendant la grossesse, portez des collants de contention dès le premier trimestre si votre médecin le recommande.
Questions fréquentes sur la varice vulvaire
Est-ce qu’une varice vulvaire est dangereuse ?
Non, une varice vulvaire n’est pas dangereuse dans la grande majorité des cas. C’est une affection bénigne qui provoque de l’inconfort mais ne menace pas la santé. La complication rare est la thrombose (formation d’un caillot), qui nécessite un traitement rapide mais se résout bien. Consultez si vous ressentez une douleur soudaine et intense ou un durcissement de la varice.
La varice vulvaire disparaît-elle après l’accouchement ?
Oui, dans 70 à 80 % des cas, les varices vulvaires liées à la grossesse régressent spontanément dans les semaines suivant l’accouchement. La chute hormonale et la diminution du volume sanguin permettent aux veines de retrouver leur calibre normal. Si elles persistent au-delà de 3 à 6 mois, un bilan veineux est recommandé.
Peut-on accoucher par voie basse avec une varice vulvaire ?
Oui, dans la très grande majorité des cas. La varice vulvaire n’est pas une indication systématique de césarienne. L’équipe obstétricale adapte la prise en charge pendant le travail pour minimiser les risques de saignement. Seules les varices très volumineuses ou mal positionnées peuvent, dans de rares cas, amener à discuter d’une césarienne.
Comment soulager une varice vulvaire rapidement ?
Les gestes les plus efficaces pour un soulagement rapide sont l’application de froid sur la zone (compresse froide, poche de gel réfrigérée enveloppée dans un tissu) pendant 10-15 minutes, la position allongée avec le bassin surélevé par un coussin, et le port d’un vêtement de contention pelvien. Évitez la station debout prolongée et les bains chauds qui aggravent la dilatation veineuse.
Varice vulvaire et rapports sexuels : est-ce compatible ?
Les rapports sexuels sont possibles avec une varice vulvaire, mais certaines femmes ressentent une gêne ou une douleur (dyspareunie) liée à la congestion veineuse. Privilégiez des positions confortables qui ne compriment pas la zone vulvaire. Si la douleur est importante, parlez-en à votre médecin : un traitement adapté (veinotoniques, compression) peut améliorer significativement le confort.

