Être choisi comme parrain ou marraine d’un enfant, c’est tout à la fois une belle preuve d’amour et une grande responsabilité. Et cela commence généralement par un petit discours, qui fera date, lors de la cérémonie de baptême. Que ce baptême soit religieux ou civil, les parents comptent sur vous pour écrire un discours à la fois juste et émouvant. Dans cet article, nous vous donnons les clefs pour parvenir à rédiger et lire un texte qui fera date.

Utiliser un modèle de discours : pourquoi pas, mais…

Vous ne trouvez pas ça un peu dommage ? Réutiliser un texte à trous, remplir les blancs et faire de ce discours “générique” le vôtre, c’est un peu facile… et c’est très impersonnel. C’est bien à vous de trouver les mots justes et les formulations qui vous conviennent : personne d’autre ne le peut ! Bien sûr, il existe quelques passages obligés, notamment :

  • Rappeler votre lien indéfectible avec les parents ou l’un des deux parents, la genèse de votre amitié/confiance ;
  • Remercier les parents pour la confiance qu’ils vous témoignent par ce choix de parrain/marraine ;
  • Parler directement au petit garçon ou à la petite fille dont c’est le baptême aujourd’hui ;

Bébé dans une corbeille avec une doudoune blanche

  • Expliquer la portée symbolique du baptême, l’entrée au sein d’une communauté ou d’une famille ;
  • Rappeler l’intérêt de l’enfance et de l’innocence de l’enfant : sans doute le plus beau moment de sa vie lorsque l’on a la chance d’avoir un entourage aimant
  • Parler de votre présence  dans la vie pour bébé : vous serez toujours là pour lui, assurément ;

L’intérêt, c’est que vous puissiez ajouter des mots et des émotions qui vous sont propres. Il n’y a pas de plan idéal, pas de discours parfait ! Retenez tout de même que votre discours ne doit pas être trop long et rester rythmé. 2 à 3 minutes de discours sont amplement suffisantes.

Un exemple de discours de marraine

Voici un exemple de discours qui tient compte des points soulevés ci-dessus :

Ma chère Emma,

Lorsque tes parents m’ont annoncé que j’avais été choisi pour être ta marraine, l’émotion m’a étreint. Quelle belle preuve d’amour, quelle responsabilité, et quel bonheur bien sûr ! T’épauler pour la vie est la plus belle mission qui soit. Merci, vraiment merci, de cette magnifique nouvelle et de ce nouveau rôle que je prends très à cœur. 

Cela fait déjà 16 ans que j’ai rencontré Marie, ta maman, au détour de nos études. Nous sommes vite devenues les meilleures amies du monde, et ce lien indéfectible se matérialise aujourd’hui par ce “titre” de marraine. Comme je suis fière ! J’aimerais pouvoir le crier sous tous les toits et d’ailleurs, je ne m’en prive pas ! 

Être marraine, c’est non seulement t’aiguiller dans tes choix, être là lors des moments importants, être là aussi quand ça ne va pas. Le lien symbolique qui nous unit, petite Emma, me permet aussi de te conseiller de profiter de ton enfance. Ces moments heureux, avec ton papa et ta maman, valent tout l’or du monde ! 

Pour créer un discours de parrain/marraine original

Si utiliser vos mots et personnaliser au mieux votre discours sont des éléments primordiaux, vous pouvez aussi vous reposer sur des grands textes pour expliquer votre émotion de devenir parrain ou marraine. Voici quelques idées pour étoffer votre discours de parrain et pour un peu mieux exprimer le lien spirituel qui vous unit avec votre filleul ou filleule.

Un texte sur l’amitié, extrait du livre Prophète de Khalil Gibran

“Votre ami est la réponse à vos besoins.
Il est votre champ dont les semailles sont amour et la moisson, reconnaissance.
Au foyer de votre ami , votre couvert est toujours mis et auprès de sa cheminée , il y a toujours une place pour vous réchauffer.
Car vous venez à lui pour apaiser votre faim et vos chagrins.

Quand votre ami vous confie ses pensées , ne craignez pas de le critiquer et ne vous retenez pas de l’encourager.
Et lorsqu’il ne dit mot , que votre cœur ne cesse d’écouter ce qui palpite dans son cœur.
Car en amitié toute pensée, envie et attente naissent muettes et se partagent avec une joie discrète.
Quand vous devez vous séparer de votre ami, que l’heure des adieux ne vous afflige que peu.
Car ce que vous aimez le plus en sa présence pourra vous paraître plus limpide en son absence.
Le sommet n’est-il pas plus visible de la plaine pour celui qui gravit la colline ?
Il n’est de but dans l’amitié, si ce n’est l’approfondissement de l’esprit.
Car l’amour qui n’aspire pas à révéler son propre mystère n’est point amour, mais un filet jeté sur une prise de futilités.

Que le meilleur de vous-même soit pour votre ami.
S’il doit connaître le reflux de votre marée , qu’il en connaisse aussi le flux.
A quoi bon un ami auquel vous ne feriez appel que pour tuer le temps ?
Recherchez plutôt sa compagnie pour des heures pleines de vie.
Car il lui appartient de combler votre besoin mais non point votre vide.
Et dans la douceur de l’amitié, qu’il y ait rire et partage de plaisirs.
Car dans la rosée des petites choses, le cœur retrouve son petit matin et ainsi il s’en trouve rafraîchi.”

Bébé aux yeux bleus

 La rencontre du Renard et du Petit Prince, dans le livre éponyme de Saint-Exupéry

“C’est alors qu’apparut le renard.
– Bonjour ! dit le renard.
– Bonjour ! répondit poliment le petit prince. Qui es-tu ?
– Je suis le renard, dit le renard.
– Viens jouer avec moi lui proposa le petit prince; je suis tellement triste.
– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard; je ne suis pas apprivoisé.
– Ah pardon… qu’est-ce que ça signifie, apprivoiser ?
– C’est une chose très oubliée, dit le renard; ça signifie: créer des liens.
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard à cent mille renards. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde.
– Je commence à comprendre dit le petit prince.
– On ne connaît bien que les choses qu’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi.
– Que faut-il faire, dit le petit prince.
– Il faut être très patient, dit le renard. Tu t’assoiras un peu loin de moi, comme ça dans l’herbe, je te regarderai du coin de « œil et tu ne diras rien… Mais chaque jour tu pourras t’asseoir un peu plus près.
Le lendemain revint le petit prince.
– Il eut mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens par exemple à 4 heures de l’après-midi, dès 3 heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A4 heures déjà je m’agiterai et je m’inquièterai ; je découvrirai le prix du bonheur. Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur. Il faut des rites.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
– Ah dit le renard… je pleurerai.
– C’est ta faute dit le petit prince je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
– Bien sûr dit le renard…
– Alors tu n’y gagnes rien dit le petit prince
– J’y gagne dit le renard à cause de la couleur du blé. Tu reviendras me dire adieu et je ferai cadeau d’un secret.
– Adieu dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince afin de se souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable de ce que tu as apprivoisé.”

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